POST(E) MORTEM

Description

Un vieux poste de télévision ; sur l’écran, un poignard rouge sanguinolent est enfoncé…
Des graffitis sont inscrits sur les parois du téléviseur, qui parlent de poésie, de reflet, de l’image, de la représentation, de la trahison des images, du virtuel et de la réalité, de l’immédiat et du différé, du récurrent et du ponctuel, des idées, des idoles et des idylles…

 

Poste télévisé ou Post(e) Mortem ?

«Nous ne voulons pas travailler au spectacle de la fin du monde, mais à la fin du monde du spectacle…» promettait l’internationale situationniste dans les années 70. «Voici le temps des assassins» écrivait Arthur Rimbaud.

Malgré le post(e) mortem, le regardeur survit à l’œuvre. Image assassinée certes, mais par qui ?
L’histoire de l’art, tuée par les penseurs, les critiques, les muséologues ? L’inconnu du Nord-Express ? Ou tout simplement, les assassins du regard, formatés, manipulés, abêtis par des chaînes dont le métier consiste surtout à vendre du temps de cerveau disponible à Coca-Cola ! Passion télévisée où dans un silence religieux, des myriades de regards muselés, médusés convergent solennellement vers les mêmes images plurielles et désordonnées.

Grand Messe incantatoire, sans loi ni foi où le peuple spectateur, jamais protestant mais cathodique pratiquant, avale passif et fasciné l’hostie hostile des nouvelles. Les regardeurs aussi ont du vague… à lame ! Et c’est la mort du libre arbitre ! La «mort, faux logis» de l’image…

Il est temps que l’art libère le Spectre acteur et donne enfin à réfléchir aux affamés du regard. Comme par en-champs-te-ment, cette oeuvre veut bousculer la souveraine transfiguration qu’opère l’ART RÉALITÉ. Oeuvre et support de l’oeuvre, elle se meut majestueuse dans l’antre magicienne de l’autre imaginé…

Et tous, face à la céleste image que renvoie l’écran blessé du téléviseur, de crier à l’univers dans un chant singulier :
«Tout art est à la fois surface et symbole…»



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